Le parcours des funérailles

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Du lieu du décès au lieu de sépulture, le défunt suit un parcours dont la valeur symbolique en fait la richesse.

Traditionnellement, dans la France chrétienne et rurale, le parcours de référence allait de la chambre du défunt à son domicile, en passant par l’église du village et jusqu’au cimetière. Ce parcours était suivi par un grand nombre de personnes, tant la mort les mobilisait tous.

Aujourd’hui, dans une France sécularisée et citadine, où la mort ne fait plus événement comme jadis, les parcours funéraires se sont diversifiés, raccourcis et appauvris en termes symboliques et de sens. Ils n’en demeurent pas moins toujours le cadre de la ritualité funéraire. C’est pourquoi les lieux choisis et le respect de l’ordre des étapes comptent pour que s’épanouisse l’effet consolateur des rites.

L’adieu au visage

Que ce soit à la maison, à l’hôpital ou au funérarium, l’étape de la vision du corps est la première. Qu’elle prenne la forme d’une veille (de plus en plus rare) ou d’une simple levée de corps, elle est l’occasion d’une rencontre entre les vivants et le mort. Face à la dépouille, la question du sens de l’existence raisonne avec une force particulière. Il est donc bon de s’y rendre et d’y emmener les enfants qui le souhaitent.

La prière de l’Eglise invite, alors que les regards sont tournés vers le visage du défunt, à regarder plus loin, vers le Christ, présent en chacun de nous dans la souffrance : « Seigneur nous tournons vers toi notre regard à l’heure où disparait ce visage qui nous est cher », à quoi les proches sont invités à répondre par un acte de foi : « affermis notre espérance de le revoir auprès de toi, pour les siècles des siècles ».

La célébration à l’église

Si le chemin de la paroisse, pour assister à la messe dominicale, s’est largement perdu chez beaucoup de français, ils sont nombreux à le retrouver pour une cérémonie d’obsèques. C’est en effet dans l’église, proche du domicile du défunt, que peut s’organiser un rassemblement ouvert, auquel tous ceux qui le souhaitent peuvent s’associer. Accueillies par des prêtres, des diacres ou des laïcs, les familles peuvent librement se livrer et dire ce qui a constitué le meilleur de la vie du défunt.

Grâce à cette relecture de vie, la célébration va pouvoir se bâtir autour de textes bibliques commentés, de chants et de gestes symboliques qui rappellent le rite baptismal (rite de la lumière, aspersion du cercueil). Des témoignages plus personnels, sont aussi envisagés en lien avec le célébrant.

La liturgie catholique des funérailles célèbre le mystère pascal de la mort de Jésus. Unis au Christ, pour la vie et pour la mort, c’est avec lui que les chrétiens meurent. En lui, la mort n’est plus mortelle, mais devient passage vers la vie qui ne finit pas.

L’adieu au cimetière

Troisième étape du parcours rituel, l’étape de l’inhumation marque le détachement définitif des proches de la dépouille de leur parent défunt. Un lieu lui est affecté, sépulture familiale ou simple fosse, peu importe, l’essentiel est d’avoir un lieu de pèlerinage où la mémoire de l’être aimé reste vive.

Par l’inhumation, la remise à Dieu du défunt est accomplie. Et l’Eglise célèbre alors la permanence, par-delà la mort, de l’élan pris par le défunt :

« Nous voici avec toi au moment où tu entres dans une communion nouvelle et plus forte avec nous. Ce que tu as vécu, tout cela continue aujourd’hui, et l’élan que tu as pris, qui l’arrêtera ? ».

Le cas particulier de la crémation 

Si la crémation ne pose pas de question théologique, elle pose une question grave d’organisation des obsèques : faut-il, en cas de crémation, organiser la cérémonie au crématorium ? Sachant que le choix du lieu de la célébration colore fortement la célébration elle-même, le crématorium ne peut être préféré à une église sans dommage. En effet, un crématorium est par nature un lieu technique, à l’écart de la vie sociale, où l’on brûle des corps, tandis que les églises sont des lieux publics, ouverts à tous et inscrits dans la vie sociale.

Par ailleurs, la pratique très répandue de la dispersion des cendres, a pour conséquence d’éliminer tout lieu de mémoire. Le dépôt de l’urne dans une sépulture ou un columbarium doit lui être préféré.