Parlons la mort

icone_ok.jpg

Toute mort dit aux vivants une parole sur la vie.

Une dépouille mortelle est l’un des facteurs brûlants d’interpellation sur le sens de l’existence, une occasion unique de relecture de sa vie. Hélas, rares sont ceux qui consentent à s’y confronter. Devant un mort, l’homme est convoqué à la racine de son humanité. Tant il est vrai que ce qui le distingue du règne animal est sa capacité à l’honorer.
 
En apprivoisant la mort, les rites aident les vivants à prendre conscience de la réalité de la perte et par là, à se confronter à leur propre finitude. Cette œuvre d’humanisation qui consiste à laisser la mort interpeller toute vie sur son sens, suppose qu’on lui donne du temps, ce qui est de moins en moins vrai. On voit donc, sans esprit passéiste, que la révolution en cours des comportements face à la mort passe par un appauvrissement indéniable de la ritualité funéraire. Les normes rituelles qui imposaient des temps, des lieux et des comportements collectifs particuliers, s’affaiblissent au profit d’élaborations individuelles plus fragiles. Les obsèques révèlent une société atomisée, individualisée, consumériste mais en même temps assoiffée de sens.
 
Notre propos est de contribuer à la réflexion sur le rapport à la mort et à l’ évolution des rites funéraires, en regard de notre expérience au quotidien dans l’accompagnement de chaque famille lors du parcours des funérailles.